L’été, à Port Racine, courent sur le granit rosé,Des enfants délurés qui plongent de la courte jetée.
Leurs parents eux, les surveillent d’un air détaché,
Préférant se reposer, adossés aux murs colorés ;
Et tout ce petit monde dore au soleil haguais
Sur ce port de poupée comme à Saint Tropez.
Mais point de bateaux laqués dans cette anse abritée,
Car seules les petites barques ont la place de glisser
Entre les jetées d’où plongent toujours les enfants délurés.
Ils chahutent dans l’eau puis remontent sur les barreaux rouillés,
Sautent tant, que leurs pas n’ont pas le temps de sécher.
Leurs parents, eux ne surveillent plus, sans doute lassés
Ou trop occupés à soigner leur peau brûlée.
Et tout ce petit monde doré au soleil haguais,
Ne songe même pas au corsaire du passé
Qui cherchait à Saint Martin un abri pour mouiller
Et repartir après le grain, pourchasser les Anglais.
Le soir, à Port Racine, courent sur le granit rosé,
Les enfants délurés qui ne veulent pas rentrer.
Leurs parents les traînent par le bras, agacés,
Tandis que les pêcheurs moqueurs quittent leur barque encordée.
Et tout ce petit monde laisse le plus petit port français.
Ô douce insouciance estivale des vacanciers !
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