mercredi 8 août 2007

Antigone

La petite Antigone, si frêle et si pâle
A surpris le monde encore endormi,
Celui qui ne pensait pas à autrui,
Ce monde engourdi sous son mystérieux châle.

Tout n’était qu’espoir le long de son chemin.
Elle se mit pieds nus pour ne pas déranger
Le sommeil d’un monde qui ne l’attendait point,
Ce monde fatigué du bruit des cités.

Tout n’était que pureté : odeurs fleuries,
Léger murmure des feuilles, fraîche rosée,
Douce gorgée de cet air trop honni…
O merveilleux trésors de ce monde caché !

Antigone pensait être la dernière éveillée
Car le jour n’était pas encore apparu.
Mais elle était la première levée,
La première à savoir qu’elle ne serait plus.

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